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Maitrise d’ouvrage :
Maitrise d’œuvre :
Montant des travaux :
Le Nant des Pères est l’un des trois torrents qui traversent le Cirque du Fer à cheval avant de confluer avec le Giffre. Il a connu des aléas majeurs, dont plusieurs laves torrentielles successives en 2003. Elles ont été brutales, transformant le paysage d’un des joyaux du futur Grand Site de Sixt-Fer-à-Cheval.
L’objectif de la maîtrise d’ouvrage était double : aménager une plage de dépôt pour réceptionner et stocker sans dommages les matériaux apportés par les laves, et, restaurer un espace alluvial fonctionnel et identitaire des fonds de vallée alpins, en tête de bassin versant.
Le projet permet de reconquérir des espaces oubliés et négligés (grèves, aulnaies blanches, etc.) tout en mettant en scène l’aléa torrentiel afin qu’il devienne un évènement spectaculaire plutôt qu’une catastrophe à dissimuler. Le torrent s’élargit de 150 mètres facilitant son écoulement en lit majeur, les berges et les pentes des digues ont été fortement adoucies, les continuités écologiques latérales ont été restaurées grâce à une gestion de la végétation pionnière et arbustive sur le cône de déjection du torrent.
L’accueil des visiteurs a été facilité par des pentes douces et l’aménagement naturel d’espaces de contemplation à deux pas du camping et au cœur du site touristique. La mémoire des évènements et plus globalement des aléas naturels est encouragée par la conception de repères de crues et d’un belvédère, semblable à une clairière entre la nouvelle digue et le torrent.
Finalement, l’aléa naturel, dans un premier temps destructeur, est devenu une opportunité pour l’aménagement du cœur du site classé. Cette large clairière minérale offre désormais le recul nécessaire pour contempler la verticalité des parois rocheuses du Cirque et les anciens éboulis recouverts d’une hêtraie-sapinière à leurs pieds.
Le travail sur le torrent du Nant des Pères a débuté par une étude de faisabilité paysagère en 2015, s’est poursuivi par le travail de diplôme de fin d’études de Flora Guilloux en 2016 et enfin par la maîtrise d’œuvre complète à partir de 2017. Les travaux ont été achevés en 2019. Depuis, l’espace alluvial « cicatrise » et se végétalise progressivement au fil des crues et dépôts de matériaux.